Sécurité : face à son échec, le gouvernement rejoue la surenchère

2 février 2010

Après l’odieux assassinat, la semaine dernière, d’un couple de retraités, le gouvernement s’engage de nouveau – et ce à quelques semaines du premier tour des élections régionales – dans la surenchère sur le thème de la sécurité. Je suis intervenu sur ce sujet cet après-midi à l’Assemblée nationale pour rappeler le mauvais bilan de la droite en la matière depuis 2002, mais aussi ses contradictions sur la police de proximité, contradictions accentuées par son refus systématique d’accéder aux demandes de réorganisation des forces de l’ordre qui viennent de tous bords.

La question que j’ai posée à l’Assemblée nationale au ministre de l’Intérieur

sur les contradictions gouvernementales en matière de police de proximité

Vous pouvez aussi lire ci-dessous le compte-rendu officiel de mon intervention :

Assemblée nationale -XIIIe législature

Session ordinaire

Première séance du mardi 02 février 2010

« M. le président. La parole est à M. Daniel Goldberg, pour le groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche.

M. Daniel Goldberg. Monsieur le président, je tiens d’abord à rappeler à M. Woerth que, comme il le sait, les collectivités territoriales ne votent pas de budgets en déficit et que 80 % de la dette provient de l’État. (Exclamations sur les bancs du groupe UMP. – Applaudissements sur les bancs des groupes SRC et GDR.)

J’en viens à ma question.

La sécurité est un droit que nous devons aux habitants de notre pays, dans les quartiers populaires autant que dans les milieux favorisés.

Il ne doit pas seulement se déclamer dans les médias ; il doit se vérifier dans les faits. Or, sans que cela soit un motif de réjouissance pour quiconque sur nos bancs, il est à noter que les faits donnent tort à la politique que votre majorité met en œuvre depuis 2002, soit depuis près de huit ans déjà.

Échec pour ce qui est du maintien de l’ordre au quotidien avec 7 % d’augmentation des vols avec violences.

Échec pour ce qui est de la mobilisation des fonctionnaires avec un malaise partout palpable. Plus de 80 % de policiers se sont prononcés récemment et tous refusent 1’impératif du chiffre qui est votre seule doctrine.

Échec avec une baisse du nombre de policiers en 2010 qui verra disparaître 75 % des effectifs créés par la LOPSI 1.

Échec avec une rotation toujours trop importante des personnels dans les commissariats et un manque criant d’officiers dans certains d’entre eux.

Échec dans l’établissement d’un lien de confiance avec la population du fait d’une frénésie législative : seize lois votées depuis 2002, dont deux discutées cette semaine.

M. Patrick Roy. Échec partout !

M. Daniel Goldberg. Méfiance de la population, défiance de nombre de policiers et de gendarmes : voilà votre bilan. Après cela, n’attendez pas de moi de régler les problèmes internes au Gouvernement, apparus ces derniers jours. C’est en termes d’efficacité que se pose la question.

Mme Alliot-Marie avait installé, il y a deux ans, des unités territoriales de quartier. La création de cent d’entre elles avait été annoncée à grand renfort de publicité. Alors, de deux choses l’une : soit vous écoutez ce que tous les acteurs de terrain vous disent et vous acceptez de réorganiser les forces de l’ordre dans notre pays ; soit vous décidez de maintenir une police en opposition avec les habitants et le seul résultat auquel vous aboutirez sera de dissuader les citoyens de soutenir vos listes le 14 mars prochain. (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.) »

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