Interview dans Libération : « Utiliser la cause des femmes pour justifier un parachutage de confort, c’est inadmissible »

Alors que le nombre de personnes soutenant ma candidature à Aubervilliers-Pantin continue d’augmenter, Libération m’a interviewé sur la situation créée pour le parachutage de confort d’Elisabeth Guigou. Vous pouvez lire cet entretien publié sur le site de Libération ou ci-dessous :

« Utiliser la cause des femmes

pour justifier un parachutage de confort,

c’est inadmissible »

Libération, 22 novembre 2011. Interview Le député socialiste Daniel Goldberg demande à la direction de geler le processus d’investiture de l’ancienne ministre Elisabeth Guigou dans sa circonscription.

En Seine-Saint-Denis, le redécoupage des circonscriptions a brouillé les cartes socialistes. L’accord électoral entre PS et Europe Ecologie-Les Verts est venu envenimer les choses. Le député Daniel Goldberg, élu d’Aubervilliers, part en croisade contre le « parachutage de confort » d’Elisabeth Guigou sur le terrain électoral qu’il « bêche » depuis trente ans. L’ancienne ministre de la Justice, qui aurait pu rester sur la circonscription de Bondy-Aulnay, certes un peu moins facile, dit respecter la décision de son parti de réserver cette circonscription à une femme. Goldberg, qui présidait le groupe de parlementaires soutenant Martine Aubry pendant la primaire, demande à la direction du PS de geler le processus le temps de trouver une solution collective.

Vous estimez être une victime collatérale de l’arrivée de l’écologiste Cécile Duflot dans une circonscription parisienne ?

Dans la commission électorale, celui qui a demandé que cette circonscription soit réservée à une candidate, pour pouvoir y envoyer Elisabeth Guigou, c’est le représentant de Bertrand Delanoë. Au national, puisque l’accord faisait atterrir Cécile Duflot dans Paris, ils se sont dit qu’ils ne pouvaient pas tout refuser à Delanoë. J’aimerais que le maire de Paris, qui a déclaré dans vos colonnes que les parachutages étaient « délétères pour la démocratie » et que « le mérite, la patience et le travail » ne devaient pas être « bafoués, au profit d’arrangements de coulisses » , applique ce beau principe à la Seine-Saint-Denis.

Dans quel état d’esprit êtes-vous ?

Comment ne pas se sentir floué ? Je bêche ce terrain électoral, qui étaient des terres arides pour le Parti socialiste jusqu’à il y a peu, depuis que j’ai 16 ans. Je milite à Aubervilliers et à La Courneuve depuis trente ans, quand il n’y avait rien à gagner là-bas à l’époque. J’ai construit mon parcours petit à petit, jusqu’à être élu le premier député socialiste de la circonscription depuis la Libération en 2007.

Avez-vous discuté de la situation avec Elisabeth Guigou ?

Nos bureaux à l’Assemblée nationale ne sont distants que de 3,5 mètres. Si elle était venue me voir, en amont, pour parler des problèmes engendrés par le redécoupage électoral, on aurait pu essayer de trouver une solution. Mais utiliser la juste cause des femmes pour justifier ce qui n’est qu’un parachutage de confort, c’est inadmissible. Ma position n’est pas qu’Elisabeth Guigou ne soit plus députée mais je pense qu’elle pourrait nous aider à prendre une circonscription à l’UMP, une circonscription qui, de plus, est en partie sur le territoire de sa circonscription actuelle. Les socialistes de Seine-Saint-Denis l’ont accueillie il y a 10 ans. Elle, qui a rempli deux mandats de députée, peut plus que tout autre nous aider à de nouvelles conquêtes plutôt que de se réfugier là où d’autres ont préparé le terrain. Ce serait une manière aussi de nous rendre collectivement le retour de la confiance que nous lui avons accordée en 2002.

A qui en voulez-vous dans cette affaire ?

Je n’en veux à personne, je veux juste que la gauche avance en Seine-Saint-Denis. Et non qu’elle recule pour des questions d’ego.

Comment sortir de l’impasse ?

Il y a une difficulté, je ne le nie pas. Je ne dis pas non plus que je suis le candidat légitime à coup sûr ou de droit divin mais je propose qu’on essaie de sortir de cette situation par le haut. Elisabeth Guigou en sort par le bas, par la grâce d’une décision autoritaire prise dans un bureau du VIIe arrondissement de Paris (siège du PS, NdlR). J’espère que mon parti va changer d’avis. Il ne peut pas y avoir d’oukase : ni en ma faveur ni contre moi. Je dis : arrêtons le processus (d’investiture) et cherchons une solution ensemble. Je pense que la population, souvent en grande souffrance, que nous représentons regarde cette course aux places et désapprouve.

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