Mobilisation dans l’Education nationale : le gouvernement doit cesser la provocation et réinvestir

La banderole des collèges et lycées de La Courneuve à la manifestation du 12 mars
La banderole des collèges et lycées de La Courneuve à la manifestation du 12 mars

Après le succès, hier, de la mobilisation massive des personnels des crèches et des structures d’accueil de la petite enfance contre les projets gouvernementaux de mise en cause de ce service public, les différents personnels de l’Education nationale manifestent aujourd’hui contre les effets désastreux de la politique menée par les gouvernements successifs depuis 2002. Dans ce contexte et dans celui des milliers de suppressions annuelles de postes, la proposition formulée par Luc Chatel en début de semaine de réquisitionner des enseignants retraités et des étudiants pour pallier l’absence des professeurs est une provocation : si les établissements de Seine-Saint-Denis sont particulièrement mobilisés depuis plusieurs semaines, c’est précisément parce que les personnels et les élèves doivent affronter quotidiennement les conséquences de ces politiques.

J’étais à leur côté dès le début de leur mobilisation il y a plusieurs semaines. En effet, les motifs d’inquiétude sont malheureusement nombreux, à la fois pour le devenir de l’Education nationale et pour la priorité qui lui est accordée dans les quartiers populaires. Le non-remplacement des professeurs absents dure maintenant depuis plusieurs mois et j’ai déjà alerté le ministre sur ce sujet. C’est là une conséquence directe des réductions d’effectifs menées chaque rentrée depuis plusieurs années. Dans le même temps, nombre d’élèves se voient imposer une orientation parce qu’ils rencontrent des difficultés croissantes à être inscrit dans la filière de leur choix. Les révisions incessantes et inabouties des filières et des programmes sont une autre source d’inquiétude légitime. De son côté, la Cour des comptes a sévèrement critiqué la mise en oeuvre des moyens spécifiques alloués à l’éducation dans les quartiers prioritaires. Assurément, la suppression des RASED affaiblit plus encore le soutien qui doit pourtant être apporté aux élèves de ces établissements en difficulté.

Ces désengagements successifs de l’Etat déstabilisent le service public de l’Education nationale dans l’exercice de ses missions en direction de ceux qui en ont le plus besoin. L’application à l’Education nationale, par le gouvernement, des principes d’une gestion au moindre coût donne des résultats désastreux : le gouvernement doit maintenant écouter les personnels de l’Education nationale sur les effets de sa politique.

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