Budget de l’Etat : le plan de rigueur du gouvernement

Le gouvernement a présenté la semaine dernière son Programme de stabilité 20102013 dans lequel il précise les niveaux de déficit et de dette qu’il se fixe pour les trois années à venir et les mesures qu’il envisage en conséquence. Ce plan n’est pas dicté principalement par la crise financière survenue à l’automne 2008. Il s’agit en fait d’un véritable plan de rigueur rendu nécessaire par l’injustice fiscale menée depuis 2002.

A la fin de l’année dernière, l’ensemble de la dette publique de la France représentait 77 % du produit intérieur brut (PIB), plan de relance inclus. Hier, la Cour des comptes a rendu public son Rapport public annuel 2010 dans lequel elle confirme que cette dette devrait s’élever, en décembre prochain, à 85 % du PIB, à 90 % en 2012, et, en 2013, à 100 % du PIB. Le montant de la dette contractée par le pays est déjà si élevé que la totalité du produit de l’impôt sur le revenu est affecté au seul remboursement des intérêts.

Le gouvernement entend contenir la croissance de la dette en réduisant de plus de 50 milliards d’euros en trois ans la dépense publique dans tous les secteurs (Etat, collectivité, sécurité sociale). La seule recette envisagée sur les cadeaux fiscaux est une réduction des niches fiscales qui ne rapporterait que… 6 milliards d’euros sur trois ans ! Le gouvernement persiste donc dans sa politique d’injustice sociale et fiscale qui ampute l’Etat de toute marge financière.

Le montant des économies que le gouvernement escompte pour 2013 équivaut précisément à celui du manque de recettes résultant des cadeaux fiscaux que la droite n’a cessé de multiplier depuis 2002 : baisse de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), bouclier fiscal, diminution de la TVA dans la restauration, suppression de la taxe professionnelle, injustices sociales et fiscales (franchise médicale, déremboursements des soins, nouvelles taxes…). Il est à la fois temps et nécessaire que le gouvernement renonce à sa politique d’injustice fiscale et sociale afin de cesser de faire reposer le financement de la dette sur les classes moyennes et populaires et sur l’austérité budgétaire.

Partager sur :
FacebookTwitter

Inscrivez-vous à la newsletter