Réforme des retraites : les priorités des Socialistes

Les concertations entre le ministre du Travail et les partenaires sociaux sur la réforme des retraites ont commencé cette semaine. Le chantage auquel le gouvernement a procédé la semaine dernière à l’Assemblée nationale au sujet de la retraite des infirmières appelle à la plus grande vigilance sur ses intentions pour les autres retraites. Pour les Socialistes, trois impératifs doivent fonder la réforme des retraites sur laquelle les discussions s’engagent : la sauvegarde du régime par répartition, le maintien du droit au départ à la retraite à 60 ans et un niveau de pension décent.

Le maintien de notre système de retraites par répartition est essentiel car la solidarité entre les générations en est au coeur : les salariés paient des cotisations qui sont reversées aux retraités. Face à l’évolution démographique, les salaires ne doivent plus financer seuls cette solidarité. Plusieurs possibilités existent, complémentaires : il est tout à fait envisageable de prélever des cotisations retraites sur les revenus issus de la valeur ajoutée ou sur les stock options.

Le droit au départ à la retraite à 60 ans doit être maintenu d’autant plus que l’allongement de la durée de cotisation a augmenté l’âge moyen de départ en retraite à soixante-et-un ans et demie. L’une des injustices résultant des réformes Fillon consiste en effet dans la difficulté, pour les personnes qui ont cotisé l’ensemble de leurs trimestres – soit 40 ans et demie aujourd’hui – de bénéficier à soixante ans de leur droit à la retraite à taux plein.

Une réforme juste des retraites ne peut ignorer non plus les réalités suivantes en matière d’inégalité : la moitié des retraités perçoit moins de 1 000 euros par mois ; pour les femmes, la pension mensuelle moyenne n’atteint que 825 euros contre 1 426 euros pour les hommes ; un million de retraités vit sous le seuil de pauvreté ! Ces vives inégalités entre niveaux de pension sont les conséquences, à la fois, d’inégalités salariales et professionnelles, mais aussi de la multiplication des CDD, du travail à temps partiel imposé ou encore des contrats précaires. S’il est nécessaire de s’attaquer à ces inégalités professionnelles et salariales, la solidarité doit aussi être effective pour celles et ceux d’ores et déjà à la retraite ou qui vont la prendre : il faut donc relever le minimum garanti de pension.

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