François Hollande en Algérie pour renouer une relation de confiance entre nos deux pays

Cinquante ans après l’indépendance de l’Algérie, plusieurs mois de contacts ont été nécessaires entre cabinets, ministres et autres facilitateurs pour permettre le bon déroulement de la visite officielle du Président de la République en Algérie, qui doit marquer une nouvelle étape des relations entre nos pays.

A la tribune du Parlement, devant les deux chambres du parlement algérien réunies, François Hollande a reconnu solennellement les «souffrances que la colonisation française» a infligées à ce pays, sans pour autant formuler les excuses de la France. «Je reconnais ici les souffrances que la colonisation a infligées au peuple algérien (…) pendant 132 ans, l’Algérie a été soumise à un système profondément injuste et brutal», a-t-il déclaré dans un discours historique applaudi par les nombreux moudjahidines qui siègent encore dans les assemblées algériennes.

François Hollande a reconnu le massacre de Sétif perpétré le 8 mai 1945 : «le jour même où dans le monde triomphaient la liberté et la justice, la France manquait à ses valeurs universelles». Mais le chef de l’État a évoqué aussi, pour la première fois, ceux de Guelma et de Kherrata qui demeurent de la même manière «ancrés dans la mémoire et dans la conscience des Algériens», ainsi que je l’y invitais dans mon courrier du mois de juin.

Ce discours devant les parlementaires et les différentes étapes de cette visite officielle ne soldent pas ce qui reste à dire sur 132 années de colonisation, ni sur les 50 années qui ont suivi. Cependant tous les témoins de cette visite rapportent l’émotion intense qui l’a caractérisée, car procédant d’une démarche de réconciliation réciproque jugée sincère. Au moment où les responsables de la période Guerre d’Algérie cèdent progressivement leur place à de nouvelles générations, il était important d’engager maintenant cette démarche de réconciliation. Elle est particulièrement attendue dans nos villes de Seine-Saint-Denis, où la présence significative de ressortissants d’origine algérienne remonte à près d’un siècle, mais dont on sait qu’elle n’est pas encore pleinement acceptée et reconnue dans tout le pays.

Il faut lire la « Déclaration d’Alger sur l’amitié et la coopération entre la France et l’Algérie » signée hier entre les deux présidents pour mesurer que c’est bien un processus tourné vers l’avenir : « les deux parties décident de mettre en place toutes les facilités tendant à promouvoir et à encourager les initiatives permettant une meilleure connaissance réciproque de leurs jeunesses, en réponse à leurs attentes. » Évoquant le parcours semé d’embûches des demandes de visa, François Hollande rappelle aussi que «Nous avons besoin que se poursuivent et même s’amplifient les allers-retours des étudiants, des entrepreneurs, des artistes, des familles, bref tous ceux qui animent la relation» entre la France et l’Algérie. Il a rappelé également son souhait que l’Algérie « ouvre plus largement ses portes aux Français qui souhaitent se rendre sur votre territoire [notamment ceux qui] ont des souvenirs, des attaches familiales, affectives ou des projets professionnels ou personnels à réaliser», dans une allusion implicite à ceux qui ont dû quitter l’Algérie lors de son indépendance.

Membre du Groupe d’amitié France-Algérie de l’Assemblée nationale depuis 2007, j’ai particulièrement à cœur de continuer à favoriser à tous les niveaux ce rapprochement entre nos deux peuples, et au-delà entre la France, l’Europe et tous les pays du Maghreb et toutes les personnes qui se sentent attachés à cette histoire commune.

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